PTZ parentalité : le budget 2027 rouvre le prêt à taux zéro aux jeunes parents

Le projet de loi de finances permet aux ménages qui attendent un enfant ou en élèvent un de moins de trois ans d’obtenir un prêt à taux zéro, même s’ils ont déjà été propriétaires. La mesure arrive alors que les taux de crédit remontent et que la production de prêts recule de 9,2 % sur un an.
 

Un enfant double la probabilité de déménager dans les quatre ans, selon l’Insee. C’est la logique de l’article 7 du projet de loi de finances pour 2027, intitulé « Réorienter les soutiens publics vers le logement familial et de longue durée ». Le texte ouvre le prêt à taux zéro (PTZ) aux ménages qui justifient d’un enfant à naître ou d’au moins un enfant de moins de trois ans, « y compris s’ils ont déjà bénéficié d’un PTZ, sous réserve du respect de conditions de ressources ». Il ne crée pas un nouveau prêt : il lève, une seule fois par bénéficiaire, la condition de premier achat qui réserve aujourd’hui le PTZ aux primo-accédants.
 

Le gouvernement invoque la natalité. L’exposé des motifs rappelle que la France a compté 645 000 naissances en 2025, pour un indicateur de fécondité de 1,56 enfant par femme. Le recul se poursuit : d’après les séries mensuelles de l’Insee, les naissances du premier semestre 2026 sont inférieures d’environ 1 % à celles du premier semestre 2025. 

 

Le texte supprime aussi le plafond annuel de 2,1 milliards d’euros qui encadrait le dispositif, inchangé depuis 2016. Près de 73 000 PTZ ont été émis en 2025, contre 44 466 en 2024. L’envie de bouger ne manque pas : dans le baromètre de BPCE L’Observatoire réalisé par Viavoice en mai auprès de 2 000 personnes, 43 % des Français envisagent de déménager dans les trois ans, 69 % des 18-24 ans, et 47 % jugent important de devenir propriétaires de leur résidence principale.
 

Un débat parlementaire encore ouvert
 

Le PTZ parentalité reprend les règles du PTZ actuel. Depuis avril 2025, celui-ci finance l’achat d’un logement neuf, appartement ou maison, partout en France, et celui d’un logement ancien en zones B2 et C, à condition d’y engager des travaux d’au moins 25 % du coût total. Il couvre de 10 % à 50 % du coût de l’opération, dans la limite d’un plafond, selon le type de bien et les revenus, sous un plafond de ressources de 49 000 euros pour une personne seule en zones A et A bis, et de 28 500 euros en zone C. Il ne porte pas d’intérêts, et son remboursement peut être différé jusqu’à quinze ans pour les ménages les plus modestes. Le 8 octobre, la commission des finances a adopté un amendement du député MoDem Jean-Paul Mattei qui étendait la mesure aux enfants de moins de cinq ans, sans condition de ressources, jusqu’à 100 000 euros. 

 

Son auteur assurait qu’« elle va entraîner des ressources complémentaires par les investissements qui seront faits ». Le rejet de toute la première partie du budget, le lendemain, a fait tomber ce vote. Jean-Paul Mattei et la députée Constance de Pélichy ont déposé de nouveaux amendements pour la séance, avant le vote solennel du 20 octobre. « Attention toutefois : le PTZ “parentalité” n’existe pas encore », résumait dès le 1er octobre Romain Designolle, journaliste à MoneyVox. La gauche se méfie. L’insoumis Éric Coquerel redoute que les ménages aisés soient mis « en concurrence » avec les modestes, et les écologistes parlent de « bonus familial ».
 

Un crédit plus cher et plus long
 

La mesure arrive dans un marché qui se grippe. Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA publié le 15 octobre, le taux moyen des prêts immobiliers a atteint 3,40 % en septembre, hors assurance, soit 15 centièmes de plus qu’en juin : 3,21 % sur quinze ans, 3,39 % sur vingt ans et 3,45 % sur vingt-cinq ans. La production de crédits a reculé de 9,2 % sur un an au troisième trimestre. Une opération représente 4,2 années de revenus, contre 4,1 un an plus tôt. 

 

Pour tenir les mensualités, les banques allongent les durées, à 252 mois en moyenne. Les primo-accédants restent pourtant présents : ils représentaient 43,9 % de la production de crédits à l’habitat hors renégociations en juillet, selon la Banque de France, qui relevait pour eux un montant moyen emprunté de 183 000 euros et un apport moyen de 34 000 euros, tous deux en hausse.
 

L’effort personnel grimpe aussi. La Compagnie européenne de garanties et cautions (CEGC), filiale du groupe BPCE, constate que l’apport demandé aux primo-accédants est passé d’environ 10 % en 2020 à 16 % ces deux dernières années. Tous emprunteurs confondus, la durée moyenne des financements atteint 22 à 23 ans début 2026, contre 18 ans en 2005. Les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) plafonnent toujours l’endettement à 35 % des revenus et la durée à 25 ans. Le taux d’usure, au-delà duquel une banque ne peut pas prêter, s’établit à 5,40 % pour les prêts de vingt ans et plus au quatrième trimestre, selon MoneyVox.